Baie de Sichuan ou Poivre de Sichuan ?

Le poivre de Sichuan (poivre du Sichuan) est sans aucun doute la star incontestée des émissions de téléréalités culinaires. À un point tel que l’on pourrait presque penser que réaliser un magret de canard sans que ce poivre n’intervienne en touche finale serait un « cooking » faux pas !

Importée en Europe au XIIIe siècle par Marco Polo, plébiscité par les meilleurs cuisiniers de la Cité des Doges, mais aussi par ceux des plus grandes cours d’Europe, l’épice a peu à peu disparu pour ne réapparaître discrètement qu’à la fin du XIXe siècle.

Aujourd’hui, on la retrouve au menu des meilleurs restaurants du monde pour assaisonner des préparations salées ou sucrées.

La seule critique que l’on adresse au poivre de Sichuan est finalement sa paternité, car côté saveurs, tout le monde s’accorde pour lui reconnaître des vertus exceptionnelles. En effet, et il n’est pas le seul, les puristes ne le considèrent pas comme un poivre, mais comme une baie. Essayons de faire le point !

Histoire de se faire remarquer lors d’un dîner en ville

Le poivre est l’épice, par excellence, qui a suscité toutes les convoitises. Des invasions, des guerres, des faillites, des assassinats ont été commis pour s’en procurer ou pour s’assurer de dominer les régions de production. Généalogiquement parlant, les experts s’accordent à situer en Inde, dans la région côtière de Malabar exactement, le berceau de quasiment tous les poivres mondiaux.

Scientifiquement, sachez déjà qu’un poivrier est une liane et non un arbuste. Son nom latin est piper nigrum (piper comme pepper, poivre en anglais !). Là où tout cela se complique, c’est que, sur le poivrier (la liane en question), poussent des baies entières, et que les fruits qui poussent sur l’arbuste de la région du Sichuan en Chine sont aussi appelés des baies.

Alors sachant qu’il existe dans le commerce des baies de Sichuan vertes ou rouges comme il existe également du poivre vert et rouge, qu’est-ce qui les différencie vraiment ?

C’est au niveau de ce que l’on consomme que l’on trouve la réponse. Concernant le vrai poivre, si l’on parle de « grains de poivre », on parle bien (à l’exception du poivre blanc) du fruit dans son entier, enveloppe et noyau compris.

Concernant la baie de Sichuan, comme pour sa cousine la baie de Timur népalaise, le poivre de Timut, on ne consomme que le péricarpe : l’enveloppe et non le noyau, qui lui est dur et très amer.

Bref, d’un côté nous avons le fruit d’une liane appelé « poivrier » et de l’autre le fruit parfumé d’un arbuste le Zanthoxylum, que l’on peut plutôt considérer comme un arbre fruitier !

Et ça se passe comment côté arôme et saveur ?

Pour les baies de Sichuan, on est sur des saveurs d’agrumes plus prononcées que celles que l’on peut retrouver avec certains « vrais » poivres comme le poivre du Penja à qui l’on reconnaît une signature acidulée. Ici, on pense tout de suite au citron noir séché ou au combawa quand la baie de Sichuan est verte. Et au citron jaune quand elle est rouge, c’est-à-dire arrivée à maturité.

Le côté « poivre » et la saveur légèrement piquante vient de la sensation de légère anesthésie de la langue qui arrive dans un second temps.

Et côté cuisine alors ?

Finalement, les baies de Sichuan sont utilisées en cuisine de la même manière que le sel et poivre. On moud les grains de poivre avec un moulin à poivre, on les concasse, on les utilise en marinade ou en infusion, etc.  Et bien sûr, pour la fameuse sauce au poivre idéale pour les viandes…

La grande différence tient sans doute au fait de pouvoir en utiliser en début de cuisson contrairement au « vrai » poivre que l’on conseille d’utiliser au dernier moment, juste avant de servir. Faire griller des baies séchées de Sichuan également très parfumées n’est en rien une hérésie culinaire, bien au contraire !

Son côté agrume est sans doute ce qui explique son utilisation de plus en plus fréquente en pâtisserie. On connaissait déjà l’association du piment ou du poivre rouge avec le cacao, essayez celle-ci avec des baies de Sichuan.

Ces condiments sont également utilisés dans les mélanges de poivre.

Anecdote sous forme d’accord entre « vrai » et « faux » poivres

Maintenant que vous savez faire la différence entre baie et poivre, et si vous voulez épater une dernière fois vos amis de table, n’hésitez pas à leur révéler l’origine de l’expression « payer en espèces ».

Fréquemment, on dit que « payer en espèces » vient de « payer en épices ». C’est partiellement vrai. En effet, « espèce » vient en latin classique de species, la vue, le regard. Mais le latin impérial donne à « espèce » (species) le sens de marchandise, de denrée pour simplifier.

Les épices, les mélanges d’épices et notamment le poivre noir étaient alors, des marchandises, des denrées très chères et donc très convoitées. Comme elles servaient de « monnaie » d’échange peut-on dire que l’expression « payer en épices » puis « payer en espèces » viendrait de là ? Ce qui est sûr, c’est que c’est du même species que vient le mot épice.

 

L’histoire de l’anis vert

anis vert

 

Une autre (petite) histoire de l’anis vert

L’anis vert est l’une de ces plantes aromatiques que l’on adore ou que l’on déteste ! Une véritable histoire de goût et de saveur. C’est effectivement une plante aromatique très parfumée.
Pourtant on la retrouve dans de nombreux plats, pâtisseries et boissons alcoolisées (ou non). De plus, les vertus thérapeutiques de l’anis, pour soigner les maux de ventre (vertus antispasmodiques) et de dents, sont également reconnues depuis des millénaires. En tant que plante médicinale, ses bienfaits sur les troubles digestifs et le système nerveux sont largement utilisés en phytothérapie.

Cultivé essentiellement autour du bassin méditerranéen, l’anis vert (sous la forme de graines d’anis) n’est pas la seule plante anisée présente dans nos cuisines.
Parmi les épices similaires, on y trouve la badiane chinoise (ou anis étoilé) importée par Marco Polo lors de ses voyages en Chine aux XIIIe et XIVe siècles. Le carvi, un peu moins connu même si son nom alsacien, le cumin, vous rappellera sans doute quelque chose… Le cerfeuil des jardins, à ne pas confondre avec le cerfeuil sauvage ou si vous préférez la ciguë dont Aristote en a fait les frais en son temps. Le fenouil que l’on peut aussi ranger avec les légumes pour ne citer que les plus connues. Et l’aneth que l’on confond souvent avec l’anis…Leurs vertus sont aussi à découvrir !
Mais la petite histoire étant bien souvent plus intéressante que la grande, même concernant les plantes aromatiques, laissez-nous vous raconter celle de la boisson aromatisée à l’anis vert que tout le monde connaît, tant elle est synonyme de soleil et de pétanque en France, à consommer bien sûr avec modération.

Le Pastis… histoire de briller un peu sur la Canebière

S’il y a bien une boisson dont les Marseillais sont fiers et friands, c’est bien le pastis ! Cela dit, les touristes aussi l’apprécient, même s’ils ont parfois du mal à le commander en utilisant l’un des noms dont il est affublé : « petit jaune », « anisette », « pastaga » ou en utilisant le nom d’une des marques que beaucoup de locaux ne considèrent pas comme étant du vrai pastis, cette querelle étant surtout celle qui opposait Pernod (et son Pastis 51) et Ricard.
Les puristes diront que la première est plus légère et la seconde plus amère. Aujourd’hui, comme les deux marques ont fusionné est-il encore besoin de se quereller ? Bref, le pastis, qui signifie « mélange en provençal », est une boisson à base d’anis et de réglisse. Son essor est dû à l’interdiction en 1915 de l’absinthe (75° environ), la fée verte ou bleue, qui rendait fou ! Il aura quand même fallu attendre plus de 110 ans pour s’en rendre compte ! La chose est moins connue, mais l’absinthe était déjà une création suisse de la maison Pernod datant de 1805 et élaborée d’après la recette de la mère Henriod, une rebouteuse du canton de Neufchâtel.

Les autres boissons à base d’anis vert les plus connues

Même si c’est sans aucun doute la boisson anisée la plus connue, le pastis est loin d’être la seule. Comme, pour beaucoup de gens, le pastis est synonyme de vacances. Mais que dire également, de l’Ouzo grec, du Raki turc, de l’Arak libanais, du Mastika bulgare, de l’Anis del Mono espagnol ou de l’anisette Cristal algérienne ? Ces boissons, en dehors de l’anis, ont toutes un point commun, celui d’être originaire du bassin méditerranéen. Une exception existe cependant en France, le Pontarlier originaire de Franche-Comté, pas loin de la Suisse et de la première distillerie Pernod.
Pour l’anecdote, la distillerie de Pontarlier produisait avant 1915 de l’absinthe. En 1901, elle fut la proie d’un violent incendie. Pour ne pas que les cuves d’absinthe explosent et détruisent la ville, un ouvrier eut la présence d’esprit d’en ouvrir les vannes pour que l’alcool se déverse dans le Doubs. Un million d’hectolitres tout de même. Ce qu’il ne savait pas c’est qu’en plus de sauver Pontarlier, il fit le bonheur des militaires des casernes avoisinantes, car la rivière se transforma en anisette géante. On raconte même que certains se jetèrent tout habillés à l’eau pour la déguster. En effet, difficile d’y résister…

À chacun son pastis !

Quand on vous dit que le pastis est un véritable art de vivre, les puristes vous diront qu’il faut le boire, simplement, avec de l’eau fraîche (5 fois le volume d’alcool).
Certains aiment cependant ajouter des sirops au breuvage. L’orgeat en fait un mauresque, la menthe un perroquet, le citron un soleil, menthe et grenadine une feuille morte et la grenadine seule une tomate.
L’anisette et l’absinthe (à nouveau autorisée et distillée en Suisse et en France, notamment en Provence et à Pontarlier) font partie en 2020 des boissons qui seront les plus tendance pour l’apéritif selon certains magazines bien informés. Comme quoi l’anis vert a de beaux jours devant lui. Et c’est sans compter sur l’anis que l’on laisse infuser… une vraie potion qui aide la digestion.

Et pour finir…

L’anis est un nom masculin ! Mais parfois on entend parler « d’anis verte » ! Non, non… Il faut dire « anis vert ». Bon, après quelques pastis, on pourra vous pardonner cette erreur…

Le combava

 

Le combava : L’autre citron

Beaucoup d’entre nous ont découvert ce petit agrume qui fait tout de suite penser, compte tenu de sa taille et de sa couleur au citron vert, en regardant des émissions culinaires comme « Top Chef » ou « le Meilleur Pâtissier ». En effet, après l’arrivée de la fève Tonka, le combava s’est peu à peu installé, dans les garde-mangers de ces programmes TV en compagnie des traditionnels citrons jaunes, verts et autres citronnelles. Et nous avons vite découvert qu’il fallait s’en méfier un peu tant il était puissant en goût. C’est d’ailleurs ce qui fait sa spécificité. Désormais, on trouve de nombreuses recettes salées ou sucrées dans lesquelles il apporte du peps*, un brin d’originalité et d’exotisme.

Un peu d’histoire en guise d’amuse-bouche

Le combava ou combawa est originaire d’une île de l’archipel de la Sonde, dans la mer des Moluques située à l’est de Bali. Il s’agit de l’île de Sumbawa, appelée Combava par les marins venus d’occident.

C’est au fameux Pierre Poivre que nous devons l’introduction du combava, en compagnie de nombreuses autres variétés végétales et d’épices comme le muscadier, sur l’Île Maurice (à l’époque l’Isle de France) à la fin du XVIIIe siècle. Fasciné par la réussite financière des compagnies maritimes hollandaises, il sera le grand défenseur de la nécessité pour la France et sa Compagnie des Indes Orientales de faire, à la fois, commerce des épices, mais aussi d’en assurer l’acclimatation dans les îles de l’Océan Indien. Une idée brillante qui nous fait retrouver dans les traditions culinaires, les influences des cuisines d’Extrême-Orient, de Thaïlande, d’Indonésie, pour ne citer qu’elles et qui a permis l’introduction de nombreuses épices dans les plus grandes cuisines de métropole.
Aujourd’hui, même s’il est possible de cultiver le petit arbuste dont il est le fruit dans certaines régions d’Europe, comme le sud de la France, nous le trouvons essentiellement sous la forme de combava en poudre, de feuilles ou d’écorces séchées. Ou alors, frais dans les magasins asiatiques.

Et si nous commencions par un apéritif ?

Il suffit de taper dans un moteur de recherche « cocktail combava » pour découvrir les multiples possibilités d’utilisation du fruit, de son jus, de ses feuilles et de son écorce. Il y a une constante quand même. Ce sont généralement des préparations relevées, riches en agrumes et à base, au choix, de rhum, de vodka ou de gin. L’un des plus faciles à réalisern (deux minutes de préparation), et des plus explosifs est le Punch Thaï :

Ingrédients :

  • Un combava.
  • 2 c à s de jus de citron vert.
  • 2 c à s de sirop de sucre de canne.
  • 10 cl de rhum blanc.

Mélangez dans un premier temps le rhum, le sucre de canne et le jus de citron vert. Ensuite, coupez le combava en rondelles en prenant soin d’enlever les pépins et ajoutez-les.

À servir très frais. Comme le combava est très puissant, essayez déjà avec la moitié !

Le combava, côté salé

C’est le fameux chef britannique Jamie Oliver qui a popularisé, surtout médiatisé, l’utilisation du combava au Royaume-Uni en préparant son fameux « green Curry ». Il faut dire que les feuilles de combava, mais aussi le jus et l’écorce sont fréquemment utilisés lors de la préparation de plats thaïs comme le Tom Yam (une soupe pimentée) que l’on retrouve dans de nombreux autres pays d’Asie comme le Laos, le Vietnam ou le Cambodge.

Si vous voulez accompagner un plat de mayonnaise pourquoi ne pas tenter la mayonnaise créole ? Il vous suffit d’ajouter à votre préparation classique du piment rouge pilé (3-4 piments pour 40 cl de mayonnaise), du zeste de combava (une quinzaine de coups de râpe pour cette même quantité) et du curcuma (1 c à c s’il est en poudre, 7 à 8 cm s’il est frais).

Vous pouvez remplacer tout ou partie le citron jaune ou vert par du combava dans vos préparations. Attention toutefois d’y aller doucement, les quantités ne sont pas les mêmes.

Le combava, côté sucré

C’est certainement en pâtisserie que le combava a fait depuis une petite dizaine d’années une entrée pour le moins remarquée. Les plus grands chefs ont commencé à revisiter les classiques comme la tarte au citron, bien sûr, mais aussi la tarte aux fraises, le cheese-cake et même les tartes au chocolat associés au combava

Même le fameux lemond curd, une institution en Grande-Bretagne se fait de plus en plus à base combava. Ici aussi, on peut l’utiliser frais, mais aussi en poudre ou séché. Si vous aimez réaliser des pannacottas coco mangue, n’hésitez pas à en ajouter un peu à votre compotée de mangue, toujours avec parcimonie bien sûr, en zeste ou en poudre. C’est délicieux.

*Le saviez-vous ? Le mot « peps » vient de « pep » un raccourci anglais de pepper, poivre en français. Aux États-Unis, l’un des sens figurés de « peper » est énergie, ce qui va bien pour le combava, non ?

Découvrir le basilic

 

Le basilic : Un peu de culture ?

Quand on pense au basilic, en France en tout cas, c’est toute la gastronomie italienne qui nous revient en mémoire ! Des premières pizzas partagées entre amis aux plats en sauce comme l’osso buco ou les spaghettis bolognaises, sans oublier le pesto dont il est l’un des deux ingrédients principaux. Qui ne connaît pas une recette avec du basilic ? Depuis quelques années, on redécouvre le basilic en tant qu’épice  dans la cuisine asiatique, particulièrement thaïe, vietnamienne et laotienne, ce qui, bien évidemment, nous pose question à la fois sur son origine, mais aussi sur les pérégrinations qui ont dû être les siennes pour qu’il fasse une entrée si fracassante dans les meilleures gastronomies du monde, et depuis peu en pâtisserie. Alors si vous voulez en savoir plus… lisez ces quelques lignes !

Un peu d’histoire sur le basilic, histoire de briller lors d’un dîner entre amis…

Il faut, bien sûr, pour cette plante aromatique comme pour beaucoup d’autres, faire le tri entre les légendes et les faits historiquement vérifiés. Ce que l’on sait c’est que l’ocimum basilicum, son nom latin, commence son voyage en Asie du Sud-est. Certains fixent l’origine du basilic en Inde, d’autres sont plus vagues et se contentent de la situer en Asie, sans précision aucune. D’autres encore confèrent la légitimité de son arrivée sur le pourtour méditerranéen et en Europe, à Alexandre le Grand. Puis, il y a ceux qui restent évasifs et qui évoquent son arrivée en Égypte, son expansion en Italie et en Europe du Sud, grâce aux Romains. Mais il est aussi question du rôle important qu’ont eu les moines bénédictins dans cette affaire.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est comment il a conquis l’Amérique du Nord grâce aux migrants partis d’Angleterre au XVIIIe siècle. Bref tout ça pour dire qu’aujourd’hui, il n’y a pas une partie du monde où il n’a pas pris racine au grand bonheur de nos papilles gustatives.

Attention tout de même, il n’existe pas une seule variété de basilic, mais plusieurs. Une soixantaine ! Celle que nous connaissons et que l’on cultive dans le sud de la France, c’est le basilic romain. Mais on trouve aussi le basilic thaï que l’on trouve aujourd’hui très facilement, ou le basilic opale, aux feuilles rouges. Ils ont tous des particularités gustatives propres, la saveur du citron est très présente dans certains, alors que c’est plutôt des senteurs de cannelle pour d’autres.

Un joli voyage olfactif et gustatif en perspective non ?

Surprenez vos invités avec quelques anecdotes et légendes sur le basilic

En inde, le basilic est sacré. On en donne en offrande à Vishnou et Krishna. En fait, on le trouve très intimement lié à différentes croyances même au christianisme puisque le tombeau du Christ, selon le Nouveau Testament, était entouré de basilic. Un héritage sans doute de l’utilisation de la plante aromatique dans les rites funéraires égyptiens et grecs.

Les Romains, quant à eux, en faisaient un tout autre usage ! Ils en offraient à la femme qu’ils courtisaient.
On raconte aussi qu’au Moyen-Âge il suffisait de mettre quelques feuilles de basilic sur le sol avec un pot renversé dessus et d’attendre quelques jours. Puis en soulevant le pot avec précaution, on découvrait alors un scorpion. Une légende trouvant son extension dans une autre qui prétend que les feuilles de basilic permettraient de contrecarrer les effets dus à une piqûre du fameux animal.

Le basilic ? Un bon moyen aussi de motiver vos enfants en cuisine

S’il y a bien une saga littéraire et cinématographique connue par tous les enfants c’est bien celle qui relate les aventures du plus célèbre des sorciers, Harry Potter. Dans le second volet de la série, « la chambre des secrets », un basilic est libéré. Il s’agit d’un monstrueux serpent capable de transformer les personnes qui auraient le malheur de croiser son regard en statue. JK Rowling s’est inspirée de la légende d’une créature, serpent ou mi-serpent, mi-coq, datant de l’antiquité. Ce qui est amusant ici, c’est que le nom en grec ancien pour cet animal mythique est le même que pour la plante aromatique qui nous intéresse ici, basileús qui signifie « roi » ou « petit roi ».

On raconte d’ailleurs que le grand Aristote au IVe siècle av. J.-C. aurait évoqué le pouvoir mortel du basilic et que le seul moyen pour s’en protéger et le tuer aurait été de renvoyer son regard à l’aide d’un miroir, Alexandre le Grand, toujours lui, aurait d’ailleurs possédé un bouclier poli comme un miroir afin de s’en protéger lors de sa conquête de l’Inde, l’Inde le berceau du basilic pour certains, CQFD ?

Ces légendes et ces vraies ou fausses croyances sont à la hauteur de la place que cette plante aromatique a dans quasiment toutes les cuisines du monde des plus modestes aux plus prestigieuses. En effet, que ce soit sous la forme de basilic frais ou basilic séché, il vient même depuis quelques années de faire son entrée en pâtisserie surtout en compagnie de fraises ou pour parfumer des pâtes qu’elles soient brisées, sablées ou feuilletées. Gageons que son parcours dans le sucré sera tout aussi important et sans doute incontournable qu’il continue à l’être dans le salé.

Tout savoir sur la badiane

badiane entiere anis etoile

La badiane est connue pour ses arômes anisés, son parfum poivré et sa forme si particulière. Souvent utilisé dans les desserts, ce fruit en forme d’étoile peut également agrémenter vos infusions ou vos cocktails voire même vos plats à base de viande ou de poisson. Cet exhausteur d’arômes apporte un petit je ne sais quoi à vos préparations qui les rendent uniques. C’est l’épice à avoir chez soi !

Qu’est-ce que la badiane ?

Il s’agit du fruit du badianier, un arbre au feuillage vert persistant à l’arôme anisé pouvant mesurer jusqu’à 10 mètres de hauteur. On le trouve notamment dans des plantations situées dans les provinces du sud-ouest de la Chine. Ses fleurs au coloris jaune ou rose offrent des fruits verts, les fameuses badianes. En Chine, la cueillette de l’etoile de badiane a lieu deux fois par an, en avril et en octobre. Les récoltes sont ensuite séchées, étape durant laquelle le fruit en forme d’étoile verte devient marron.

Badiane ou anis étoilé ?

Plus connue sous l’appellation d’anis étoilé, ce fruit doit son petit surnom à sa forme insolite. Le fruit se présente le plus souvent sous la forme d’une étoile composée de 8 branches, ces dernières se nommant « carpelles ». Quant au nom chinois du fruit, il signifie littéralement « fenouil à huit cornes ». Quel que soit le nom que vous lui donniez, cette jolie épice ravira vos papilles !

Quel goût a la badiane de Chine ?

Nostalgie quand tu nous tiens ! Cette épice à la délicieuse saveur anisée nous rappelle bien souvent nos grand-mères. Sa saveur rappelle l’anis vert même si les étoiles d’anis se révèlent être plus parfumées et plus aromatiques. Elles possèdent également des nuances de fenouil et de réglisse et des notes sucrées et fraîches avec une très légère touche de piquant en fin de bouche. Les graines présentes dont les branches de l’étoile sont croquantes et offrent une saveur plus discrète que le reste de l’épice.

La saveur de l’anis étoile se marie particulièrement bien avec d’autres notes aromatisées comme la cannelle, le girofle, le poivre noir, le gingembre, le zeste de yuzu ou le combava. En Chine, l’épice est souvent associée au piment de Cayenne et au poivre du Sichuan pour la préparation de légumes sautés piquants.

Quelles sont les propriétés de l’etoile de badiane ?

Les diététiciens vantent ce fruit pour ses propriétés digestives remarquables. En effet, l’anis étoile régule les spasmes intestinaux, diminue la formation de gaz et favorise leur élimination. C’est pour cette raison qu’on la retrouve souvent dans la composition d’alcools consommés comme digestifs.

Ce fruit aromatique est également connu pour son action antibactérienne. Il dégage les voies respiratoires et calme la toux en fluidifiant les sécrétions nasales et bronchiques. Ses vertus antivirales lui valent même d’entrer dans la composition de certains traitements pharmaceutiques prescrits contre la grippe.

Comment utiliser l’anis etoile ?

L’arôme du fruit entier étant plus doux que celui de la version moulue, il est recommandé d’utiliser l’étoile entière dans ses préparations. Par exemple, s’il s’agit d’aromatiser votre poulet ou votre rôti, il suffira de placer 1 ou 2 étoiles de badiane au centre de votre viande avant de la faire cuire au four. Vos convives se délecteront de cette petite touche gastronomique supplémentaire bien souvent sans parvenir à découvrir votre ingrédient secret !

Le fruit étoilé est également idéal pour parfumer délicatement le riz et les pâtes. On glisse 1 ou 2 étoiles dans l’eau de cuisson et le tour est joué ! Même constat pour la préparation d’un bouillon de crustacés ou de légumes ou encore une marinade.

En pâtisserie, le fruit peut être infusé dans le lait pour aromatiser galettes ou gâteaux. Son goût anisé peut également se marier parfaitement au chocolat ou aux fruits. Enfin, pour bénéficier des propriétés apaisantes de l’épice étoilée, on l’utilise en infusion. Une fois plongée dans l’eau chaude, elle libère immédiatement de puissants arômes. Vous pouvez même manger les graines des étoiles comme s’il s’agissait d’un bonbon à l’anis. C’est une façon simple et efficace de la consommer, et très efficace pour combattre la mauvaise haleine !

Et côté déco ? Après utilisation, le fruit en forme d’étoile peut également être rincé et séché pour servir dans des pots-pourris ou pour décorer votre intérieur. Selon vos préférences, vous pouvez la conserver nature ou la peindre à la bombe dorée. Idéal pour compléter la décoration du sapin de Noël ou pour apporter la touche finale à votre déco de table durant les fêtes de fin d’année !