Découvrir le basilic

 

Le basilic : Un peu de culture ?

Quand on pense au basilic, en France en tout cas, c’est toute la gastronomie italienne qui nous revient en mémoire ! Des premières pizzas partagées entre amis aux plats en sauce comme l’osso buco ou les spaghettis bolognaises, sans oublier le pesto dont il est l’un des deux ingrédients principaux. Qui ne connaît pas une recette avec du basilic ? Depuis quelques années, on redécouvre le basilic en tant qu’épice  dans la cuisine asiatique, particulièrement thaïe, vietnamienne et laotienne, ce qui, bien évidemment, nous pose question à la fois sur son origine, mais aussi sur les pérégrinations qui ont dû être les siennes pour qu’il fasse une entrée si fracassante dans les meilleures gastronomies du monde, et depuis peu en pâtisserie. Alors si vous voulez en savoir plus… lisez ces quelques lignes !

Un peu d’histoire sur le basilic, histoire de briller lors d’un dîner entre amis…

Il faut, bien sûr, pour cette plante aromatique comme pour beaucoup d’autres, faire le tri entre les légendes et les faits historiquement vérifiés. Ce que l’on sait c’est que l’ocimum basilicum, son nom latin, commence son voyage en Asie du Sud-est. Certains fixent l’origine du basilic en Inde, d’autres sont plus vagues et se contentent de la situer en Asie, sans précision aucune. D’autres encore confèrent la légitimité de son arrivée sur le pourtour méditerranéen et en Europe, à Alexandre le Grand. Puis, il y a ceux qui restent évasifs et qui évoquent son arrivée en Égypte, son expansion en Italie et en Europe du Sud, grâce aux Romains. Mais il est aussi question du rôle important qu’ont eu les moines bénédictins dans cette affaire.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est comment il a conquis l’Amérique du Nord grâce aux migrants partis d’Angleterre au XVIIIe siècle. Bref tout ça pour dire qu’aujourd’hui, il n’y a pas une partie du monde où il n’a pas pris racine au grand bonheur de nos papilles gustatives.

Attention tout de même, il n’existe pas une seule variété de basilic, mais plusieurs. Une soixantaine ! Celle que nous connaissons et que l’on cultive dans le sud de la France, c’est le basilic romain. Mais on trouve aussi le basilic thaï que l’on trouve aujourd’hui très facilement, ou le basilic opale, aux feuilles rouges. Ils ont tous des particularités gustatives propres, la saveur du citron est très présente dans certains, alors que c’est plutôt des senteurs de cannelle pour d’autres.

Un joli voyage olfactif et gustatif en perspective non ?

Surprenez vos invités avec quelques anecdotes et légendes sur le basilic

En inde, le basilic est sacré. On en donne en offrande à Vishnou et Krishna. En fait, on le trouve très intimement lié à différentes croyances même au christianisme puisque le tombeau du Christ, selon le Nouveau Testament, était entouré de basilic. Un héritage sans doute de l’utilisation de la plante aromatique dans les rites funéraires égyptiens et grecs.

Les Romains, quant à eux, en faisaient un tout autre usage ! Ils en offraient à la femme qu’ils courtisaient.
On raconte aussi qu’au Moyen-Âge il suffisait de mettre quelques feuilles de basilic sur le sol avec un pot renversé dessus et d’attendre quelques jours. Puis en soulevant le pot avec précaution, on découvrait alors un scorpion. Une légende trouvant son extension dans une autre qui prétend que les feuilles de basilic permettraient de contrecarrer les effets dus à une piqûre du fameux animal.

Le basilic ? Un bon moyen aussi de motiver vos enfants en cuisine

S’il y a bien une saga littéraire et cinématographique connue par tous les enfants c’est bien celle qui relate les aventures du plus célèbre des sorciers, Harry Potter. Dans le second volet de la série, « la chambre des secrets », un basilic est libéré. Il s’agit d’un monstrueux serpent capable de transformer les personnes qui auraient le malheur de croiser son regard en statue. JK Rowling s’est inspirée de la légende d’une créature, serpent ou mi-serpent, mi-coq, datant de l’antiquité. Ce qui est amusant ici, c’est que le nom en grec ancien pour cet animal mythique est le même que pour la plante aromatique qui nous intéresse ici, basileús qui signifie « roi » ou « petit roi ».

On raconte d’ailleurs que le grand Aristote au IVe siècle av. J.-C. aurait évoqué le pouvoir mortel du basilic et que le seul moyen pour s’en protéger et le tuer aurait été de renvoyer son regard à l’aide d’un miroir, Alexandre le Grand, toujours lui, aurait d’ailleurs possédé un bouclier poli comme un miroir afin de s’en protéger lors de sa conquête de l’Inde, l’Inde le berceau du basilic pour certains, CQFD ?

Ces légendes et ces vraies ou fausses croyances sont à la hauteur de la place que cette plante aromatique a dans quasiment toutes les cuisines du monde des plus modestes aux plus prestigieuses. En effet, que ce soit sous la forme de basilic frais ou basilic séché, il vient même depuis quelques années de faire son entrée en pâtisserie surtout en compagnie de fraises ou pour parfumer des pâtes qu’elles soient brisées, sablées ou feuilletées. Gageons que son parcours dans le sucré sera tout aussi important et sans doute incontournable qu’il continue à l’être dans le salé.